LE PEUPLE

 

                         LE  PEUPLE

 

 * " Ce peuple clos, racorni, sans folie, grimacier, sans cœur, tourne en rond sans sa raison d'être : chier toujours de plus gros colombins. La France n'est plus qu'un énorme concours de vidanges. La France est à refaire. Là où il nous faudrait un lyrisme de feu on nous propose des jus de pandectes. Misère ! éternelle connerie de ce pays abruti de raison, prosaïque comme une panse - Nous périssons non seulement de raclée militaire, d'alcoolisme invétéré, de vinasserie inondante, d'égoïsme absolu, de juiverie forcenée, de boustifaille éperdue, mais surtout, avant tout, de notre haine de tout lyrisme. " (A un journaliste de " La Vie nationale ", le 27 août 1940, Lettres Pléiade, 2009).

 

 

 * " Cent ivrognes mâles et femelles peuplent ces briques et farcissent l'écho de leurs querelles vantardes, de leurs jurons incertains et débordants, après les déjeuners du samedi surtout. C'est le moment intense dans la vie des familles. Avec la gueule on se défie et des verres plein le nez. Papa manie la chaise, faut voir, comme une cognée, et maman le tison comme un sabre, aux faibles alors. C'est le petit qui prend... Dès le troisième verre de vin, le noir, le plus mauvais, c'est le chien qui commence à souffrir, on lui écrase la patte d'un grand coup de talon. Ça lui apprend à avoir faim en même temps que les hommes. On rigole bien à le voir disparaître en piaulant sous le lit comme un éventré. C'est le signal. Rien ne stimule les femmes éméchées comme la douleur des bêtes, on n'a pas toujours des taureaux sous la main. " (VO).

 

 

 

 * " Le malheur en tout ceci c'est qu'il n'y a pas de " peuple " au sens touchant où vous l'entendez, il n'y a que des exploiteurs et des exploités, et chaque exploité ne demande qu'à devenir exploiteur. Il ne comprend pas autre chose. Le prolétariat héroïque égalitaire n'existe pas. C'est un songe creux, une FARIBOLE, d'où l'inutilité la niaiserie absolue, écœurante de toutes ces imageries imbéciles, le prolétariat en cotte bleue, le héros de demain, et le méchant capitaliste repu à chaîne d'or. Ils sont aussi fumiers l'un que l'autre. Le prolétaire est un bourgeois qui n'a pas réussi. Rien de plus. Rien de moins. Rien de touchant à cela, une larmoyerie gâteuse et fourbe. C'est tout. Un prétexte à congrès, à prébendes, à paranoïsmes... Demandez-vous à Brughel à Villon s'ils avaient des opinions politiques ?... (A Elie Faure, Badgastein, 22 ou 23 juillet 1935, Lettres Pléiade, 2009).

  

 

* " C'est pas vrai ! La race, ce que t'appelles comme ça, c'est seulement ce grand ramassis de miteux dans mon genre, chassieux, puceux, transis, qui ont échoué ici poursuivis par la faim, la peste, les tumeurs et le froid, venus vaincus des quatre coins du monde. Ils ne pouvaient pas aller plus loin à cause de la mer. C'est ça la France et puis c'est ça les français. " (VO).

 

 

* " Jamais je l'ai vu se faire engueuler le Claben pour ses performances, ses exactions de commerce, pourtant il se montrait dégueulasse, le pire chacal, abject, râleux question d'usure et mauvaise foi ! Question " prêt et bail " un immonde ! jamais grâce d'un jour... d'un penny... le pire tyran sur les délais... il les écorchait à zéro !... " (GB1).

 

* " L'Opinion a toujours raison, surtout si elle est bien conne... " (CA).

 

 

 

* " ... notons, vous notez, vous ne les verrez jamais d'accord, sur les mérites, vertus ou crimes, de personne! de n'importe qui... même archi-saouls, dégueulant, roulant... que ce soit sur Landru, Petiot, Clémenceau, Poincaré, Pétain, Guillaume II, Mistinguett, De Gaulle, Dreyfus, Déroulède, Bougrat... controverses dialectiques, baveries, à plus finir !... " (NO).

 

 

* " Masochistes ? Oh tu les flattes ! idiots lâches veules digestifs biberons, c'est tout... larbins torves mouchards fastidieux... cheptel dégénéré total... la foule ! tu n'as qu'à la regarder passer... leurs viandes en auto, leur cerveau a disparu, leurs jambes ont disparu aussi... comme le Taenia, au bocal, tous ! " (CC6).

 

 

* " Le peuple il a pas d'idéal, il a que des besoins. " (BD).

 

 

* " Ah Monsieur Jules ! Ah, Monsieur Jules ! Plus il envoyait des vannes sales plus elles frétillaient, gloussaient ! Moi-même il me bluffait ce qu'il trouvait comme saloperies crues ! - Elles reviendront pas ! Mais si elles revenaient ! enchantées !... des pucelles plein son divan, parfaitement aimables et à poil... et pas des petites gredines morveuses pouilleuses ! Ah pas du tout !... Instruites ! Bonnes manières ! " (F1).

 

 

* " D'où lui vient ce goût-catastrophe ? avant tout, surtout de l'école, de l'éducation première, du sabotage de l'enthousiasme, des joies primitives créatrices, par l'empesé déclamatoire, la cartonnerie moralistique. O pions fabriquants de Déserts ! " (BD).

 

 

* " Quant au peuple, je vais t'expliquer... Bonnard, dupe, lui, toujours cocu, farci de meneurs, pourvu qu'on le divise par pancartes, qu'on lui refile un coup de fanfare, il ira vinasseux à tordre, où l'on voudra ! toupillonner ! se faire résoudre dans les rafales... C'est son destin... C'est sa bonne chance !... A la bonne fortune des riflettes ! pour la marrante magie des mots ! " (BM).

 

 

* " Il attend pas que les autres se fendent... Ah ! pardon ! pas lui ! Au sacrifice toujours premier !... C'est pour les héros de la mer jaune... pour les bridés du Kamtchatka... les bouleversés de la Louisiane... les encampés de la Calédonie... les mutins mormons de Smyrne... les empalés coptes de Boston... les Polichinels caves d'Ostende ... n'importe où pourvu que ça souffre ! " (BD).

 

 

* " Sans or les idées ne sont rien. Il faut verser l'or à foison, à boisseaux, à tonnes, pour soulever le peuple. Qui n'en a pas n'insurge personne... On n'insurge qu'avec des espèces et pas du semblant ! des pichenettes ! Non ! Non ! Des trombes ! Cyclones de pèze ! Guillotine est fille de Guichet. " (BD).

 

 

                                LE  RACISME .

 

 * " Je regimbe un petit peu ?... pas du tout !... mes idées racistes sont pour rien ! Tartuffes !... belle qu'elle existe plus la race blanche !... regardez Ben Youssef !... Mauriac ! Monnerville ! Jacob !... demain Coty !... pas de quoi fouetter un chat !... c'est le Voyage qui m'a fait tout le tort... mes pires haineux acharnés sont venus du Voyage... Personne m'a pardonné le Voyage... depuis le Voyage mon compte est bon !... encore je me serais appelé Vlazine... Vlazine Progrogrof... je serais né à Tarnopol-sur-Don... mais Courbevoie Seine !... Tarnopol-sur-Don j'aurais le Nobel depuis belle !... mais moi d'ici, même pas séphardim !... on ne sait où me foutre !... m'effacer mieux !... honte de honte !... quelle oubliette ? quels rats supplier ? La Vrounze aux Vrounzais !... " (CA, Gallimard, folio, p.76).

 

 

 * " Si nous n'avions affaire qu'aux juifs, cher Lestandi, si nuls, si grossiers, plagiaires myopes, si creux, si burlesques, tout serait simple, mais nous avons affaire aux aryens, surtout aux aryens, si vils, si veules, si dégénérés, si antiracistes, si maçons, si dégueulasses, si enjuivés. Ne l'oubliez jamais. Arracher un chien à son maître est œuvre douloureuse sous toutes les latitudes, je ne vois pas comment vous arracheriez le Français 1941 à son Juif. Le Français, et surtout la Française n'imaginent même pas leur existence sans Juifs. Il ne s'agit plus de sauver le Français, l'actuel Français est définitivement perdu, pourri, cadavérique, il s'agit de recréer du Français. Sous quelle mystique ? De quel enthousiasme ? Sous quel Dieu ? A votre santé, cher Lestandi ! Et bon courage ! et bien cordialement. Céline. " (A jean Lestandi " Au Pilori ", 30 oct.1941, Lettres Pléiade 2009).   

 

 

 * " Mon cher Confrère, / Je n'ai jamais été mêlé de près ou de loin à cette affaire des Enfants Terribles. Affaire que je n'aimais pas beaucoup dès le début parce que les cabales moralisatrices me dégoûtent en principe.(...) Mais d'autre part vous connaissez ma position - raciale si j'ose dire. Et s'il s'agit de racisme alors, je suis contre le Juif ou n'importe qui aveuglément. Raison de Race surpasse chez moi Raison d'Art ou Raison d'Amitié. Etes-vous mon cher Cocteau antisémite ? tout est là. Si vous l'êtes nom de dieu hurlez-le et cela se saura. Pas qu'un petit peu. Mais raciste aryen tout comme les Juifs sont avant tout à travers les balivernes d'art AVANT TOUT racistes militants juifs écraseurs et détrousseurs et tyrans d'aryens. Je suis vous le savez un élémentaire. Je refuse de m'engager dans les arabesques et les distinguos (juifs) les pièges dialectiques juifs. Je parle en condamné à mort. Etes-vous avec ou contre ceux qui vont me pendre ? Etes-vous d'avis que les Juifs sont responsables de la guerre et de l'état dans lequel nous nous trouvons ? Ceci est plus grave qu'une manifestation d'art, ceci nous intéresse aussi éternellement. Je hais les tièdes. " Je ne fais pas de politique. " La belle histoire ! Le puant alibi ! Tout est politique ! Etes-vous ami de Lecache ? Alors vous ne pouvez être le mien cher Cocteau. " (A Jean Cocteau, Nov.-Déc. 1941, Lettres Pléiade 2009).

 

 

 

 * Mon cher Confrère, / Vous oubliez toujours les juifs dans vos très brillants articles ! C'est une maladie chez vous, l'oubli des juifs. Ne cherchez pas plus longtemps ! Pourquoi toute cette casuistique ? Les Juifs sont plus puissants, Worms Rotschild plus évidents en zone libre qu'ici ! Voilà tout ! Leur tyrannie mieux affirmée - leur rage raciste mieux obéie par les légionnaires - la Légion vous le savez bien est à présent complètement juive - / A vous. / LF Céline. " (A Jean Luchaire, 1941, Lettres Pléiade, 2009).  

 

 

 

 * Quelle résistance un peu sérieuse ? Aucune, pardi ! Quelques grimaces... Tout tombe dans la main du Juif, par discorde et dénigrement. Il n'a qu'à saisir. On le prie. On le supplie. Pourtant, la tâche serait facile, enfantine, avec un peu de volonté... Volatiliser sa juiverie serait l'affaire d'une semaine pour une nation bien décidée. D'où détiennent-ils, ces fameux Juifs, tout leur pouvoir exorbitant ? Leur emprise totale ? Leur tyrannie indiscutée ? De quelque merveilleuse magie ?... de prodigieuse intelligence ? d'effarent bouleversant génie ?

   Que non ! Vous le savez bien ! Rien de plus balourd que le Juif, plus emprunté, gaffeur, plus sot, myope, chassieux, panard, imbécile à tous les arts, tous les degrés, tous les états, s'il n'est soutenu par sa clique, choyé, camouflé, conforté, à chaque seconde de sa vie ! Plus disgracieux, cafouilleux, rustre, risible, chaplinien, seul en piste ! Cela crève les yeux ! Oui, mais voilà ! et c'est le hic ! Le Juif n'est jamais seul en piste ! Un Juif, c'est toute la juiverie. Un Juif seul n'existe pas. Un termite : toute la termitière. Une punaise, toute la maison. " (A Jacques Doriot, mars 1942, Lettres Pléiade, 2009).

 

 

 

 * " On ne devrait déjà plus parler de la question juive ! C'est la question aryenne qui se pose ! Antisémite veut dire méchant et dégoûté. C'est aryen d'honneur que je voudrais être... " (A Pierre Constantini, 9 avril 1942, Lettres Pléiade 2009). 

 

 

 

 * " Pour l'amusement de la chose - imaginez les évènements à l'envers, que les Judéo Tartares soient ici - qu'au lieu de me débattre pour les aryens (c'est-à-dire pour des prunes) je me sois au 1/10e évertué pour les Juifs ! Ah ! quelle chanson ! quel hosannah ! quel triomphe et sans nuage ! sans la moindre moue, sans le plus subtil chichi ! Ah ! ceux-là m'auraient rendu hommage en bloc - en totalité - Je me trouverais en " néon " jusque dans l'écho des Halles, sur la tour Eiffel ! Ah ! ils ne se demanderaient pas ceux-là, tortillants insidieux casuistes si le fond vaut mieux que la forme !

    Voyez ce que les Juifs ont fait de Proust - l'Homère des invertis - et le Gide des petits garçons - du moment qu'ils chantaient bien juif - Pitié cher Ami ! pitié et dégoût - de tous ces chrétiens délavés qui foirent d'angoisse et de scrupules à la pensée de recommander l'un des leurs ! Ah ! vive Lecache cher Ami, vive les Juifs ! Je vous le disais encore ! A bas les larves chrétiennes tatillonnes, molles baveuses d'envie - Vive le Talmud qui dit bien de nous, race de chiens couchants, tout ce qu'il faut penser. " (A Alphonse de Chateaubriant, février 1943, Lettres Pléiade, 2009).   

 

 

                             L ' AVENIR . 

 

* " On est parti dans la vie avec les conseils des parents. Ils n'ont pas tenu devant l'existence. On est tombé dans les salades qu'étaient plus affreuses l'une que l'autre. On est sorti comme on a pu de ces conflagrations funestes, plutôt de traviole, tout crabe baveux, à reculons, pattes en moins. On s'est bien marré quelques fois faut être juste, même avec la merde, mais toujours en proie d'inquiétudes que les vacheries recommenceraient... Et toujours elles ont recommencé... " (GB1).

 

 

* " Je vous l'écris de partout par le fait ! de Montmartre chez moi ! du fond de ma prison baltave ! et en même temps du bord de la mer de notre cahute ! Confusion des lieux, des temps ! Merde ! C'est la féerie vous comprenez... Féerie c'est ça... l'avenir ! Passé ! Faux ! Vrai ! Fatigue ! " (F1).

 

 

* " La grande prétention au bonheur, voilà l'énorme imposture ! C'est elle qui complique toute la vie ! Qui rend les gens si venimeux, crapules, imbuvables. Y a pas de bonheur dans l'existence, y a que des malheurs plus ou moins grands, plus ou moins tardifs, éclatants secrets, différés, sournois... " C'est avec des gens heureux qu'on fait les meilleurs damnés ". (MEA).

 

 

* " Qu'ils viennent ici seulement un an ils baisent tout le monde ! le tour est joué ! plus un blanc ! Cette race n'a jamais existé... un " fond de teint " c'est tout ! l'homme vrai de vrai est noir et jaune ! L'homme blanc religion métisseuse ! des religions ! juives catholiques protestantes, le blanc est mort ! il n'existe plus ! qui croire ? " (RI).

 

 

* " Je serai parvenu tout de même à passer à travers la plus grande chasse à courre qu'on ait organisée en Histoire... C'est déjà pas mal !... je ne renie rien du tout... je ne change pas d'opinion du tout... je mets simplement un petit doute, mais il faudrait qu'on me prouve que je me suis trompé, et pas moi que j'ai raison. " (INT4).

 

 

* " C'est un prodigieux moyen de propagande. C'est aussi, hélas ! un élément d'abêtissement en ce sens que les gens se fient à ce qu'on leur montre. Ils n'imaginent plus. Ils voient. Ils perdent la notion de jugement et ils se prêtent gentiment à la fainéantise. La TV est dangereuse pour les hommes. L'alcoolisme, le bavardage et la politique en font déjà des abrutis. Etait-il nécessaire d'ajouter encore quelque chose ? " (INT5).

 

 

* " Pourquoi ? Voici !... je suis informé ! les Chinois, les vrais, les Chinois de choc, ceux qui viendront nous occuper, bivouaquent déjà en Silésie... Breslau et les environs... mines et hauts fourneaux... il en viendra d'autres ! bien d'autres d'à travers les steppes... de ces hordes !... Kirghizes, moldo-finnois, balto-ruthènes, teutons... vous les verrez à Pantin, à la porte que vous connaissez, accueillis je ne vous dis que ça par de ces foules ! hurlantes au pinard, au bonheur, à la liberté ! " (RI).

 

 

* " Le sang des blancs ne résiste pas au métissage !... il tourne noir, jaune !... et c'est fini ! le blanc est né dans le métissage, il fut crée pour disparaître ! sang dominé ! Azincourt, Verdun, Stalingrad, la ligne Maginot, l'Algérie, simples hachis !... viandes blanches ! " (RI).

 

 

* " De loin, le remorqueur a sifflé ; son appel a passé le pont, encore une arche, une autre, l'écluse, un autre pont, loin, plus loin... Il appelait vers lui toutes les péniches du fleuve toutes, et la ville entière, et le ciel et la campagne et nous, tout qu'il emmenait, la Seine aussi, tout, qu'on n'en parle plus. " (VO).

 

 

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