LA GUERRE

 

                               PREFACE.

       Pour cueillir à travers l'œuvre un bouquet d'extraits significatifs, personnels et d'un ton définitif, il fallait que le chercheur fût lui-même imprégné de tout ce qui a fait de Ferdinand l'inventeur à la fois le plus traditionnel et le plus original. Michel MOULS était là, tout désigné, au cœur de sa bibliothèque, équipée, rassemblée comme un monument célinien quasi-exhaustif. 

   Sa méthode et le sérieux de son travail ont fait le reste : le choix de textes que voici.

  On pouvait imaginer dans un premier temps que la richesse  et la diversité du tissu célinien faciliteraient les recherches autant que la sélection... que nenni !... Michel MOULS a été confronté dès le début de son entreprise aux problèmes posés par une abondance où la joie de la lecture semblait s'opposer avec malice à la nécessité du découpage. Il lui parut indispensable de fixer fortement toute une série de thèmes élaborés en chapitres. Ainsi les citations se trouvaient-elles regroupées sous des titres divers, ainsi apparaissent, comme des idées-forces, les thèmes et les ressorts qui ont, pendant toute une vie, meublé l'œuvre de l'écrivain... la guerre, le peuple, la banlieue, le communisme, l'Amérique...

    Les familiers de Louis-Ferdinand Céline le comprendront vite. Une œuvre aussi énorme où chaque syllabe a été l'objet d'une recherche et d'une véritable ciselure se refuse à la facilité du tri et de la dispersion. A la limite on eût trouvé naturel que Michel fut astreint à recopier des pans entiers de l'œuvre ; une absurdité qui fait pourtant ressortir un caractère essentiel de l'écriture célinienne. Elle est tout entière le portrait d'un travail artisanal assez tyrannique et exigeant pour que l'on n'y puisse infléchir ou soustraire un mot comme dans ces chefs -d'œuvre absolus de la peinture où l'on ne peut, sans risquer l'effondrement, modifier une nuance ou échanger la hauteur d'une valeur.

     Il n'était d'autre solution que celle adoptée par Michel... Séparation arbitraire des thèmes essentiels. Ferdinand lui-même, avait pressenti la nécessité de cette construction. Elle apparaît dès sa première entreprise, dans les années vingt, avec " l'Eglise " pièce en cinq actes consacrés tour à tour au développement d'un thème différent lié aux préoccupations viscérales du futur écrivain... Ainsi les caractères propres à cette œuvre gigantesque sont-ils, depuis le début et pour toujours, nettement dessinés.

      Voilà le travail et la pensée de Ferdinand. Un regard incisif autant que décisif, porté sur les êtres et le combat quotidien de la survie, le tout précis, murmuré, fredonné sur une musique amie... petite et fascinante.

                                                                                                    Pierre  MONNIER. 

 

 

 

                LA GUERRE .

 

 * " On est puceau de l'Horreur comme on l'est de la volupté. Comment aurais-je pu me douter moi de cette horreur en quittant la place Clichy ? Qui aurait pu prévoir avant d'entrer vraiment dans la guerre, tout ce que contenait la sale âme héroïque et fainéante des hommes ?

A présent, j'étais pris dans cette fuite en masse, vers le meurtre en commun, vers le feu... Ca venait des profondeurs et c'était arrivé. Le colonel ne bronchait toujours pas, je le regardais recevoir, sur le talus, des petites lettres du général qu'il déchirait ensuite menu, les ayant lues sans hâte, entre les balles. Dans aucune d'elles, il n'y avait donc l'ordre d'arrêter net cette abomination ? On ne lui disait donc pas d'en haut qu'il y avait méprise ? Abominable erreur ? Maldonne ? Qu'on s'était trompé ? Que c'était des manœuvres pour rire qu'on avait voulu faire, et pas des assassinats ! " VO).

 

 

 

 * " Nous avons connu en 14-18 les derniers bourgeois braves, qui défendaient leur coffre-fort avec leur peau personnelle - Les officiers bourgeois n'emportaient pas leur armoire à glace en retraite - En 39 la bourgeoisie était devenue si juive, les cadres de l'armée si jouisseurs, si mous, que la guerre lui parut tout de suite insupportable. Défaillance totale. On ne trouva plus la bourgeoisie devant ses coffres-forts mais derrière ceux-ci. Toute la différence entre 14 et 39 se trouve là. Le rapprochement par les bourgeois était encore possible en 14 - ne l'est plus en 43 - parce que la bourgeoisie, finie, aveulie, couarde, n'a plus de rôle national à jouer (ni international), elle s'est discréditée une fois pour toutes dans la guerre - Elle a fait la preuve de sa mort. Elle contaminera tous ceux qui voudront l'épouser. 

    L'alliance franco-allemande actuelle est une alliance avec la charogne - Elle donne la mort à tous ceux qui la pelotent. Et l'on ne fait que cela depuis 3 ans. La fosse de Katyn est plus vaste qu'on l'imagine - Je suis porté à croire qu'elle va jusqu'aux Tuileries. Tu peux publier si tu l'oses ! Et à toi. / L. Ferdinand. " (Lettre à Henri Poulain, pour Je suis partout, 11 juin 1943, Lettres Pléiade, 2009).

 

 

 

 * " Au cours de ces années monstrueuses où le sang flue, où la vie gicle et se dissout dans mille poitrines à la fois, où les reins sont moissonnés et broyés sous la guerre, il faut un mâle. " (SE).

 

 

 

*  " - Oh ! Vous êtes donc tout à fait lâche, Ferdinand ! Vous êtes répugnant comme un rat... - Oui, tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu'il y a dedans... Je ne pleurniche pas dessus moi... Je la refuse tout net, avec tous les hommes qu'elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle. Seraient-ils neuf cent quatre vingt-quinze millions et moi tout seul, c'est eux qui ont tort, Lola, et c'est moi qui ai raison : je ne veux plus mourir. " (VO).

 

 

 

*  " Nous périrons sous les vainqueurs si c'est les fascistes qui gagnent, allemands, italiens, espagnols, mocos. Nous périrons sous nos alliés si c'est leur victoire, la victoire démocratique, la victoire des Juifs. " (EC).

 

 

* "... Les frontières ravagées, fondées dans un immense royaume de Frénésie, les hommes voulant du progrès et le progrès voulant des hommes, voilà ce que furent ces noces énormes. L'humanité s'ennuyait, elle brûla quelques Dieux, changea de costume et paya l'Histoire de quelques gloires nouvelles. " (SE).

 

 

* " Faudrait peut-être d'abord s'entendre... Qui c'est qui doit défendre la France ? les civils ou les militaires ? Les tanks 20 tonnes ou les vieillards ? Les tordus, les gnières en bas âge, les lardons morveux, les prudents affectés spéciaux, ou les régiments mitrailleurs ? Ah ! C'est pas bien net dans les propos... On arrive pas bien à se comprendre. Y a de la confusion, de l'équivoque, on dit pas toute la vérité... " (BD).

 

 

 

* " Je vous coupe mon récit. Les gens m'ont traité pas très bien. C'était la curée bordel sang ! Ca a commencé en 14 ! Tous les prétextes ! Au canon d'abord puis aux ragots, à la Police ! J'ai voulu leur sauver la glotte, compatriotes ! leurs gueules infectes, leurs cœurs de merde, leur faire esquiver l'Abattoir...mes livres pour ça. - Orgueilleux  ! qu'ils renaudent. Crèvent premier ! " (F1)

 

 

 

* " J'avais attendu devant la grille longtemps. Une grille qui faisait réfléchir, une de ces fontes vraiment géantes, une treille terrible de lances dressées comme ça en plein noir. L'ordre de route je l'avais dans la main... L'heure était dessus, écrite. Le factionnaire de guérite il avait poussé lui-même le portillon avec sa crosse. Il avait prévenu l'intérieur : - Brigadier ! C'est l'engagé ! - Qu'il entre ce con-là ! " (CP).

 

 

 

* " Gagner du temps... je pensais qu'à ça !... Arriver à la fin de la guerre sans être arrêté, ni pendu... gagner des jours... un de plus !... un de moins ! je me les comptais ! réchapper à cette charognerie !... Le reste ça irait bien tout seul... Plus de sentiments !... plus d'imprudence !... peinard, raisonnable !... Les complications j'en voulais plus !... J'avais plus vraiment la force... " (GB2). 

 

 

 

* " J'ai vu foncer sur nos malheurs toutes les tornades d'une Rose des vents, raffluer sur nos catastrophes, à la curée de nos résidus les Chinois, les Moldors, les Smyrnes, les Botriaques, les Marsupians, les Suisses glacieux, les Mascagâts, les Gros Berbères, les Vanutèdes, les Noirs-de-Monde, les Juifs de Lourdes, heureux, tout ça, bien régalés, reluis comme des folles ! A nous faire des misères abjectes et rien du tout pour nous défendre. " (GB1).

 

 

 

* " L' Angleterre alliée ? mes burnes ! Encore une fameuse balancelle ! Ils iront mollo je vous assure ce coup-ci... encore bien plus mou qu'à l'autre... Ils risquent bien davantage... Un an pour mobiliser... encore un an pour instruire... Nous serons déjà tous asticots quand débarqueront dans les Flandres les premiers invertis d'Oxford... " (BM).

 

 

* " Il déconnait à plein tube... " Cascade ! qu'il me fait, prends ma Pauline !... " Comme ça il me supplie !... Il me saisit tel quel !... " Tu me rendras service!... et puis Josette et ma Clémence ! " Ah ! du coup l'abus, j'étrangle ! " Co ? Co ? Comment ? que j'y fais... " Il me laisse pas finir... " J'embarque cette nuit ! Je rejoins le 22° à St Lô... " Il me poisse ... il m'étrangle !... A l'estomac !... Je peux pas lui refuser !... " (GB1).

 

 

* " Déjà notre paix hargneuse faisait dans la guerre même ses semences. On pouvait deviner ce qu'elle serait, cette hystérique, rien qu'à la voir s'agiter déjà dans la taverne de l'Olympia. En bas dans la longue cave-dancing louchante aux cent glaces, elle trépignait dans la poussière et le grand désespoir en musique négro-judéo-saxonne. " (VO).    

 

 

        LA MORT.

 

 * " J'ai cessé d'être écrivain, n'est-ce pas, pour devenir un chroniqueur. Alors j'ai mis ma peau sur la table, parce que, n'oubliez pas une chose, c'est que la grande inspiratrice, c'est la mort. Si vous ne mettez pas votre peau sur la table, vous n'avez rien. Il faut payer ! " (Interview avec Louis Pauwels et André Brissaud, Radio -Télévision Française, 1959).

 

 

 

 * " Un certain âge... 63 ans... vous avez plus qu'à dire : non ! ... non... et vous en aller ! ... courtoisie ! ... vous êtes en rab ! ... combien de fois on vous a désiré mort depuis soixante et trois ans ?... c'est pas à compter ! ... vous pouvez peut-être  qu'on vous tolère encore quelques mois... un printemps ?... deux ?... ah ! mais d'abord avant tout ! bourré ! riche ! ... riche !... essentiel ! ... et que vous vous montriez plein de cœur pour vos héritiers ! ... le véritable Père Noël ! ... que vous leur donniez par testament, certitude olographe, notariée, cachetée, enregistrée que tout est tout pour eux ! ... tout pour Lucien ! ... rien pour Camille ! ... et que vous vous sentez vraiment mal ! que vous allez pas en faire un autre ! bout de souffle que vous êtes ! ... bout de pipe ! ... bout de tout ! ... que vous pouvez pas traîner ! alors... alors... alors peut-être ?... on vous trouvera pas si tyran abject, effroyable rapace... pourtant l'unanime avis ! ... si ils vous forcent à vous lever ?... butez ! ... croulez ! ... faites venir le prêtre... l'extrême-onction fait un de ces bien aux personnes qui n'espèrent qu'en vous ! ... qu'en votre dernier souffle ! ... c'est effrayant ce qu'un agonique peut briser les nerfs des familles ! ... cette cruauté d'en pas finir !... le sadisme des " derniers moments " ! ... extrême-onction, partie remise ! ... ah, combien vous rendez de gens fous, agoniques gnangnans ! " (CA, folio, p. 147).

 

 

 

* " La grande défaite, en tout, c'est d'oublier, et surtout ce qui vous a fait crever, et de crever sans comprendre jamais jusqu'à quel point les hommes sont vaches. Quand on sera au bord du trou faudra pas faire les malins nous autres, mais faudra pas oublier non plus, faudra raconter tout sans changer un mot, de ce qu'on a vu de plus vicieux chez les hommes et puis poser sa chique et puis descendre. Ca suffit comme boulot pour une vie entière. " (VO).

 

 

* " ... elle ne pouvait plus rien dire. Elle étouffait, elle me retenait par la main... Le facteur est entré. Il l'a vu mourir. Un petit hoquet. C'est tout. Bien des gens sont venus chez elle autrefois pour me demander. Ils sont repartis loin, très loin dans l'oubli, se chercher une âme. Le facteur a ôté son képi. Je pourrais moi dire toute ma haine. Je sais. Je le ferai plus tard. S'ils ne reviennent pas. J'aime mieux raconter des histoires. J'en raconterai de telles qu'ils reviendront, exprès, pour me tuer, des quatre coins du monde. Alors ce sera fini et je serai bien content. " (MC).

 

 

* " ... On me l'avait dit, je le croyais pas... mais c'était vrai, elle était dans le sens du souvenir, d'où elle était venue, du Nord, du Danemark, le museau au nord, tourné nord... la chienne bien fidèle d'une façon, fidèle aux bois où elle fuguait, Korsör, là-haut... fidèle aussi à la vie atroce... les bois de Meudon lui disaient rien... elle est morte sur deux... trois petits râles... oh, très discrets... " (CA).

 

 

* " Décidément, je me découvrais beaucoup plus de goût à empêcher Bébert de mourir qu'un adulte. On n'est jamais très mécontent qu'un adulte s'en aille, ça fait toujours une vache de moins sur la terre, qu'on se dit, tandis que pour un enfant, c'est tout de même moins sûr. Il y a l'avenir. " (VO).

 

 

* " La Vérité c'est la mort !... J'ai lutté gentiment contre elle, tant que j'ai pu... cotillonnée, l'ai festoyée, rigodonnée, ravigotée et tant et plus !... enrubannée, émoustillée à la farandole tire-lire... Hélas ! je sais bien que tout casse, cède, flanche un moment... Je sais bien qu'un jour la main tombe, retombe, long du corps... J'ai vu ce geste mille et mille fois... l'ombre... le poids du mort !... " (GB2).

 

 

* " Bon !... Quand je me finirai je vais vous dire : c'est en pensant aux animaux, pas aux hommes ! à " Tête de Chou ", à " Nana ", à " Sarah " ma chatte qu'est partie un soir qu'on n'a jamais revue, aux chevaux de la ferme, aux animaux compagnons qu'ont souffert mille fois comme des hommes ! lapins, hiboux, merles ! passé tant d'hivers avec nous ! au bout du monde !... la mort me sera douce... j'aurai donné mon cœur à tous... je serai débarrassé de vos personnes, de vos affections, de vos mensonges !... Je veux pas que la mort me vienne des hommes, ils mentent trop ! Ils me donneraient pas l'infini ! " (F1).

 

 

 

* " ... juste sur le tas... Juste devant... Il était tout racorni le vieux... ratatiné dans son froc... Et puis alors c'était bien lui !... Mais la tête était qu'un massacre !... Il se l'était tout éclatée... Il avait presque plus de crâne... A bout portant quoi !... Il agrippait encore le flingue... Il l'étreignait dans ses bras... Le double canon lui rentrait à travers la bouche, lui traversait tout le cassis... " (MC).

 

 

* " Quand on a pas d'imagination, mourir c'est peu de choses, quand on en a, mourir c'est trop. " (VO).    

 

 

* " C'est peut-être ça qu'on cherche à travers la vie, rien que cela, le plus grand chagrin possible pour devenir soi-même avant de mourir. " (VO).

 

 

 

* " Elle m'a regardé bien fixement, mais encore aimablement Grand-mère... On m'avait dit de l'embrasser... Je m'appuyais déjà sur le lit... Elle m'a fait un geste que non... Elle a souri encore un peu... Elle a voulu me dire quelque chose... Ça lui râpait le fond de la gorge, ça finissait pas... Tout de même elle y est arrivée... le plus doucement qu'elle a pu... " Travaille bien mon petit Ferdinand ! " qu'elle a chuchoté... J'avais pas peur d'elle... On se comprenait au fond des choses... Après tout c'est vrai en somme, j'ai bien travaillé... ça regarde personne... " (MC). 

 

         LE  COMMUNISME .

 

 * " Mais depuis le drôle de bolchévisme que vous pouvez plus dire un mot !... Picasso ci !... Boussac par là ! Tartre re-coco !... milliards partout ! damnés par là !... vous n'existez plus ! le plus de bide, popotin... bajoues, le plus damné de la Terre ! vous marrez ? ils vous coupent la tête... (CA, Gallimard, folio, p.78).

 

  

* " Altman se rendait malade à bout de transes, l'enthousiasme, l'état où le mettait le " Voyage " !... aux temps où Mme Triolette et son gastrique Larengon traduisaient cette belle œuvre en russe... ce qui m'a permis d'y aller voir en cette Russie ! A mes frais ! pas du tout aux frais de la princesse !... vous voyez si j'étais placé ! je remplaçais Barbusse ! d'autor ! les Palais, Crimée, Sécurit ! l'URSS m'ouvrait les bras ! J'ai de quoi me la mordre !... ce qui est fait est fait, bien sûr !... l'Histoire repasse pas les plats !... " (CA).

 

 

* " J'ai été à Leningrad pendant un mois. Tout cela est abject, effroyable, inconcevablement infect. Il faut voir pour croire. Une horreur. Sale, pauvre, hideux. Une prison de larves. Toute police, bureaucratie et infect chaos. Tout bluff et tyrannie. Enfin je vous raconterai. Je suis passé en bateau par Copenhague où je suis resté 3 heures ! Quel paradis après la Russie ! " (CC5).

 

 

* " Le Capital et ses lois, elle les avait compris, Mireille... Qu'elle avait pas encore ses règles. Au camp des Pupilles à Marty-sur-Oise on y trouvait de la branlette, du bon air et des beaux discours. Elle s'était bien développée. Le jour annuel des Fédérés, elle faisait honneur au Patronage, c'est elle qui brandissait Lénine, tout en haut d'une gaule, de la Courtine au Père-Lachaise. Les bourriques en revenaient pas tellement qu'elle était crâneuse. Mais alors des molletons splendides, elle levait le boulevard derrière elle à chanter l'Internationale ! " (MC).

 

 

* " Non ! Non ! Non ! J'ai jamais micronisé, macronisé dans les meetings !... Je vous adore mon Staline ! mon Litvinoff adoré ! mon Comitern !... Je vous dévore éperdument ! Moi j'ai jamais voté de ma vie !... Ma carte elle doit y être encore à la Mairie du " deuxième "... J'ai toujours su et compris que les cons sont la majorité, que c'est donc bien forcé qu'ils gagnent !... " (BM).

 

 

* " Capital ! Capital ! Faut plus rugir, c'est toi tout entier, Prolo ! De la Rolantique au croupion... Popu, t'es seul ! T'as plus personne pour t'accabler ! Pourquoi ça recommence les vacheries ?... Parce qu'elles remontent spontanées de ta nature infernale, faut pas te faire d'illusions, ni de bile, sponte sua. Ç'a recommence. " (MEA).

 

 

* " Etouffer la dure vérité : que ça ne colle pas les " hommes nouveaux " ! Qu'ils sont tous fumiers comme devant ! On y avait juré à Prolo que c'était justement les " autres " qui représentaient toute la caille, le fiel profond de tous ses malheurs ! Ah ! l'entôlage ! la putrissure ! Il trouve plus les " autres "... " (MEA).

 

 

* " Je me vois plutôt très Vallès, aussi avec un côté légendaire très celte, légende d'abord, pour ainsi dire Barde. Barde à la con ! Et con de barde ! La preuve ! Ah, mille fois plus communiste qu'Aragon et Thorez, communiste naturellement, d'âme si j'ose dire, va de soi. Ma devise, j'en parle même pas, tout donner, merde ! Le " Voyage " est le seul roman communiste d'âme paru, Trotsky l'avait parfaitement compris, d'où je crois le très fond de haine de ce côté-là, dont j'écope. " (LPM).

 

 

* " J'ai vu pourtant bien des naufrages... des êtres... des choses... innombrables... qui tombaient dans le grand limon... qui ne se débattaient même plus... que la misère et la crasse emportaient au noir sans férir... Mais je n'ai jamais senti d'étouffoir plus dégradant, plus écrasant, que cette abominable misère russe... cet épileptisme policier, cette hantise du bouton de porte, cette détresse, cette rage, ce gémissement de chaussure qui prend l'eau, qui prendra l'eau éternellement, amplifié cosmique... " (BM).

 

 

* " Faut dire... je serais d'une Cellule, d'une Synagogue, d'une Loge, d'un Parti, d'un Bénitier, d'une Police... n'importe laquelle !... je sortirais des plis de n'importe quel " Rideau de fer "... tout s'arrangerait ! sûr ! dur ! pur ! ... d'un Cirque quelconque !... comme ça que tiennent Maurois, Mauriac, Thorez, Tartre, Claudel !... et la suite !... l'abbé Pierre... Schweitzer... Barnum !... aucune honte !... et pas d'âge ! Nobel et Grand Croix garantis ! " (CA).

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